Le lendemain de mon emménagement dans ma nouvelle colocation, située donc au numéro 5 de l'immeuble, après avoir résidé pendant trois semaines au numéro 6, je reçois un mail de Coralie m'annonçant dans les grandes lignes qu'elle arrive le lundi suivant...
En plein tumulte hivernal, me prenant la tête sur l'évolution difficile de mon stage, et venant à peine de prendre pied dans un hypothétique "chez moi" montréalais, ce message est arrivé comme une providence prête à me remonter sévèrement le moral !
Premières interrogations...est-ce possible ? N'est ce pas une idée lancée sans fondements ?
Je n'aurais pas dû me méfier...C'est Coralie tout de même. La spontanéité ça l'a connait. J'en ai rêvé, elle l'a fait ! Le vendredi elle m'annonçait qu'elle avait enfin acheté ses billets et le lundi soir elle débarquait devant ma porte.
Dix jours de délires malgré le froid et les tempêtes de neige. Bon d'accord, la météo a été tellement pourrie pendant son séjour qu'elle a fini par maudire Montréal. Arrivée en plein mois de février, en plein hiver, avec des températures ressenties allant jusqu'à -40, c'est comme...c'est comme rien de comparable, ça peut juste rendre "fou" quand on est pas habitué, c'est tout. (ok j'en rajoute un peu, mais c'est pour vous faire comprendre le désarroi d'un visiteur européen se pointant ici en février...c'est dur).
Mais Coco a pris le parti d'en rire, restant zen les 4 premiers jours, avec des pics de crise de nerfs par la suite...Même si on a un manteau en peau de lapin, ne devient pas Québécois qui veut !
Se prendre des rafales de vent dès qu'on sort du métro, glisser sur les trottoirs gelés et se vautrer même (ça m'est arrivé bien plus d'une fois), avoir le visage paralysé avec la sensation qu'on ne pourra plus jamais articuler ses phrases...la communication en mode voyelle n'est pas toujours très pratique.
Ca pouvait donner des : "U'ain, en 'eux 'lus 'e 'e vent de 'erde",ou "'e 'ais 'ourir 'ans 'inq 'inutes ti on entre 'as 'elque 'art", ou encore "'ai les 'ieds 'rempés...'erde ! 'aleté 'e 'eige", "U'ain 'e 'anada !".
Bon ça c'était dans les jours difficiles, on en passe tous par là à un moment ou à un autre.
Bref, elle n'est pas arrivé à la meilleure période, mais elle a su aller au delà de ces épreuves...quelle audace et quel courage !!! En tous cas merci Coco pour ces 10 jours de folie hivernale et de bons délires. (Aristide Bruant se souviendra toujours de la mise en scène de son imitation...)